Sur une plage espagnole

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Une très grande plage espagnole sur plus d’un kilomètre de littoral. Il y subsiste sur une dune peu élevée, un témoignage du biotope d’origine. Il a résisté au franquisme, il résistera peut être à l’invasion touristique. On y retrouve quelques insectes dont des phasmes, des oyats, des chardons, de nombreux lys de mer, de petits buissons de brindilles où s’épanouissent de discrètes mais admirables fleurs mauves.

Témoignage également de l’adaptation de la vie à des conditions pour le moins sévères : chaleur parfois extrême, sécheresse, sable, sel et vent
20 août 2012 – 19h30. C’est le soir. Le soleil commence à baisser. Ce jour là et depuis quelques heures, un vent de sud-ouest balaie la plage dans le sens de la longueur. Le sable ou du moins ses plus fines particules, se met en suspension. C’est un brouillard lumineux et mouvant, un fond sur lequel se détache en une succession de silhouettes, une famille qui revient de la plage. Deux enfants ouvrent la marche, un autre plus en arrière marche aux côtés de sa mère, enveloppé dans une serviette de bain. A-t-il froid ? Est-il mouillé ? Ou un peu malade ? On ne le saura sans doute jamais. A coté de la mère, une autre femme, peut être sa sœur, porte un lourd sac de plage. A deux pas derrière, le papa ferme la marche. L’ensemble dessine une forme parabolique, de la tête du père à celle du petit garçon. Que me rappelle cette vision ? Elle a la simplicité de certaines peintures rupestres où les animaux sont dessinés uniquement par leurs silhouettes. Je me souviens aussi des livres d’Arthur Rackham que je regardais dans mon enfance. Il avait le plus grand sens du merveilleux. Rackham avait perçu la force expressive des silhouettes. Un moyen d’en dire beaucoup avec des formes simples. Un moyen de mobiliser l’imaginaire du lecteur, précisément parce qu’on lui en laisse la place, sans le submerger d’inutiles informations. Une esthétique de l’essentiel.