Paysages

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Paysages

Pour l’essentiel ces photos de paysage ont été prises en France où il subsiste encore quelques régions préservées, des endroits où l’on peut éprouver tout à la fois ce simple plaisir d’être et de contempler : l’arrière pays provençal, les Cévennes, la région du sud-est, le parc de Bagatelle, et peut être quelques autres.

En bordure du bois de Boulogne, le Parc de Bagatelle qui a trois bons siècles d’existence, est un de ces lieux d’exception, un lieu d’Histoire et d’histoires, un lieu hors temps. Peut être par la diversité et la beauté des différents endroits qui le constituent. Tantôt jardin à la française, tantôt jardin britannique, parfois japonais mais toujours d’une irréprochable harmonie. C’est un parc immense aux portes de Paris, entretenu par une armée de jardiniers. On aimerait s’asseoir sous les frondaisons mais les bancs y sont presque inexistants. C’est un jardin dédié à la contemplation.
En ce matin du moi de Mai le soleil a gardé une inclinaison compatible avec une bonne harmonie des ombres et des lumières. . C’est encore « l’heure des photographes ». L’endroit a des vibrations impressionnistes. Un univers où l’on se sent bien. Entre la roseraie et le jardin des iris il y a une prairie en pente dont l’herbe n’a pas encore été tondue. On aurait envie de s’y allonger. Mais l’on doit s’en tenir à cette envie. Autour d’un rosier on distingue comme un halo de brume, le jet d’un arrosage automatique. Plus loin derrière, des frondaisons, des arbres centenaires, des allées et des bosquets. Souvenir des fêtes galantes qui y furent sans doute données, mais aussi d’autres possibles évocations : la grande bourgeoisie de la Belle Epoque, des célébrités diverses et passées, les guerres.

12 août 2009 – 9h du matin.
C’est une des toutes dernières photos prises de cet endroit : la fenêtre de la maison d’une vieille amie, peu de temps après sa mort. Peu de temps aussi avant que cette maison ne soit vendue. Une maison dans les hauteurs, un peu isolée du monde. Un lieu de ressourcement où je venais passer quelques jours, chaque été et depuis une trentaine d’années. En cet instant mon cousin Jacky attire mon attention sur les restanques illuminées par le soleil levant que l’on aperçoit de l’autre côté de la vallée. Un paysage déjà vu depuis des années mais qui prend soudain, sous cette lumière, une dimension et un relief que je ne lui connaissais pas. Les restanques sont des petites plateformes adossées au flanc des collines et qui furent cultivées tout au long des siècles passés. Se dessine là une sorte de vision archéologique. Spectacle de ces restanques vraisemblablement abandonnées au début du siècle dernier avec les développements de l’agriculture industrielle. Sur certaines on distingue des vestiges d’une vigne, un peu plus haut un arbre mort, sans doute un amandier, ça et là de jeunes arbres en pleine santé tout illuminés et à contre jour par le soleil du matin. Des rejetons de ce que fut autrefois un verger. On distingue aussi deux bories, petites bâtisses en pierre construites au moyen âge et servant d’abri ou de remise à outil. Peut être dans certains cas, d’habitation.
J’aime cette photo et l’instant qui lui correspond. Equilibre des ombres et des lumières, témoignage d’une vie passée, appelée à disparaitre pour de bon. On en ressent comme un vertige.
De fait et à la partie supérieure de l’image, apparaissent de grands arbres et parmi eux le toit
d’une maison moderne. L’urbanisation arrive.