Les faux

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A proximité de Reims, sur une colline (la Montagne de Reims), juste au dessus des vignobles de Champagne, une forêt de quelques kilomètres carrés abrite des arbres extraordinaires : les Faux.

Ce sont des hêtres ayant la particularité de se comporter comme si une intelligence surnaturelle avait modifié leurs formes et leurs structures, en vrillant leurs branches et leurs troncs, en créant entre elles ou entre eux des anastomoses, en les faisant replonger vers le sol, et parfois même dans le sol, en créant des espaces ou des chambres de méditation et aussi en modifiant leurs cycles de vie. On compte ainsi quatre faux millénaires à Verzy (un cinquième a récemment disparu) alors qu’on sait que la durée moyenne de vie d’un hêtre normal n’excède pas les 130 ans.
Certains attribuent à St Basle, un ermite qui vécut en ces lieux à la fin du sixième siècle l’origine des faux. Un jour, alors qu’il était agenouillé et en prière, un sanglier, poursuivi par une horde de chasseurs, eut un comportement des plus étonnants qui se puisse concevoir : il infléchit sa trajectoire et pour se mettre sous sa protection, vint se réfugier contre les genoux de St Basle (Basolus avant sa canonisation). Devant cette stupéfiante vision, le seigneur (l’organisateur de la chasse) fut tellement saisi qu’il décida sur le champ de mettre sa personne et ses biens au service du saint homme. Ce serait là l’origine de l’abbaye de Verzy rattachée à l’ordre des Bénédictins et qui fut comme beaucoup d’autres, détruite à la révolution. On serait tenté néanmoins de faire un rapprochement. Ces faux ne pourraient-ils être le résultat de pratiques méditatives et secrètes de la part de St Basle et au-delà de sa mort, des membres de sa confrérie ? Le fait est qu’il se dégage de ces arbres des impressions toutes subjectives parfois très angoissantes mais parfois aussi de quiétude et de sérénité. Comme si de formidables charges énergétiques, affectives et spirituelles avaient été transférées sur ces arbres au contact desquels il est possible de retrouver, lorsque l’on accepte d’y être sensible, tout le panel des angoisses et des souffrances humaines mais aussi leur inverse : le bonheur et la sérénité. Du divin et du démoniaque en quelque sorte.
L’influence du psychisme humain sur la croissance des végétaux n’est au demeurant pas une lubie.
De très nombreuses expériences ont été menées de par le monde pour en tester la réalité. Notamment par le Dr. Jean Barry qui réussit à démontrer très « scientifiquement » dans les années 60 l’influence de la suggestion sur la croissance de champignons (colonies mycéliennes) en l’occurrence Stereum purpureum et Rhizoctonia solani, puis sur la germination et la croissance de graines de fèves (Phaseolus Mungo). Rien n’empêche donc de penser que si la suggestion d’un « homme ordinaire » se révèle avoir une influence patente et objectivable sur la croissance d’une plante, les pratiques méditatives et les prières d’un grand mystique, puissent avoir pour leur part de prodigieux effets.
Ainsi ce que l’on ressent « subtilement » et subjectivement s’exprime aussi dans des formes très objectives : formes des troncs, formes des racines et des branches : ébauches de corps humains torturés, corps d’animaux, visages grimaçants ou facétieux, têtes et pattes de reptile. Une fréquence, une singularité qu’il n’est pas possible, là aussi d’attribuer au simple fait du hasard.
Mais nous vivons actuellement dans une société fortement déspiritualisée, désenchantée, aveugle aux dimensions du merveilleux qui nous entoure, rétive à la reconnaissance des forces de l’inconscient et de la vie psychique, et notamment de ces forces structurantes qui peuvent parfois s’exprimer (cela est ici manifestement le cas) sur un mode paranormal ( voir l’ouvrage Comment comprendre le paranormal, de Djohar Si Ahmed).