Iris

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Les iris, sont, parmi les plantes dites de jardin, les plus belles, les plus spectaculaires, les plus émouvantes mais aussi les plus éphémères des fleurs. C’est sans doute pour cette raison qu’ils ne sont pas aussi prisés qu’ils pourraient l’être. Ce sont des espèces retrouvées dans quasiment toutes les zones de l’hémisphère nord, de la toundra aux régions subtropicales et adaptées à des biotopes les plus divers : marais, bords de rivières, prairies, moyenne montagne, climat semi désertique.

Dans le monde horticole les iris ont été largement hybridés depuis le début du 19ème siècle (comme ce sera le cas un siècle plus tard pour les orchidées). Devenus « iris de jardin », ils n’ont plus que de lointains rapports avec leurs ascendants botaniques. Leurs formes, leurs textures, leurs couleurs, sont assujetties à tout un ensemble de critères horticoles très définis. Plus de 35 000 variétés ont ainsi été obtenues à ce jour.
Comme pour les orchidées il existe de par le monde un grand nombre d’horticulteurs spécialisés et un grand nombre de sociétés d’amateurs.
Leur classification à l’instar de celle des orchidées est complexe et il en existe plusieurs. Une des plus récentes est proposée par le Professeur Rodionenko de l’Université de St Pétersbourg et organisée à partir du genr
e iris, en sous-genres, sections, sous-sections et séries (cf. l’excellent livre de Richard Cayeux : L’iris, une fleur royale, Mauryflor, 1996, le seul du genre édité en France où sont développées non seulement les préceptes horticoles du genre iris mais aussi ses dimensions historiques et botaniques).
Au demeurant le regard du botaniste ne correspond pas nécessairement à celui de l’horticulteur. Un botaniste s’intéresse d’abord à la phylogenèse d’une plante et à la structure de sa fleur, un horticulteur s’intéresse assez peu à la phylogenèse, assez peu à la structure de la fleur mais beaucoup à sa forme et à sa couleur. A d’autres critères aussi : le moment de floraison, la taille de la plante, ses exigences horticoles.
Quant au photographe (un photographe tel que je le conçois) il porte certes un grand intérêt à la forme et à la couleur de la fleur mais bien davantage encore à la qualité de la lumière portée sur elle. Des variations de l’expérience sensible en quelque sorte.
Je me souviens étant enfant de mes premières visites au Parc Floral ou au jardin des iris du Parc de Bagatelle. De ce sentiment de pénétrer (si ce n’était en plein air) dans une sorte de caverne d’Ali Baba. Des trésors aux parfums envoutants : couleurs et harmonies des couleurs, extravagance des formes et des textures évoquant, selon les cas, la soie ou le velours.
Fort de mes expériences photographiques dans le monde des orchidées et dans le dessein de retrouver l’enchantement de ces souvenirs d’enfance, j’ai entrepris de photographier les iris.
J’ai vite découvert qu’il y avait des heures et des jours pour cela : dernière quinzaine de mai, de huit heures à dix heures le matin et à partir de 18 heures le soir. Respect aussi de certains impératifs techniques : longue focale, diaphragme fermé au maximum, nette préférence pour le contre jour et protection de l’objectif du soleil direct. Le ciel nuageux offre certes d’autres possibilités, mais il est nettement moins favorable à tous les jeux d’ombres, de lumières et de transparences du soleil matinal.