Orchidées

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Les orchidées présentes dans le monde entier et sur tous les continents (latitudes extrêmes exceptées) comptent plus de 50 000 espèces (et 730 genres). Ce sont les plus diversifiées des plantes à fleurs, toutes extrêmement spécifiques d’un biotope donné et d’un insecte pollinisateur lui aussi très spécifique. Avec la découverte de territoires jusque là inconnus et les premières missions botaniques, le monde occidental découvrit avec stupeur l’extrême singularité de ces fleurs aussi étranges que si elles venaient d’un autre univers.

La haute société anglaise fut la première à se passionner pour leur culture dès les débuts du 19ème siècle. Les développements de l’horticulture des orchidées, puis de leur commercialisation, ont été assujettis à la mise au point de techniques de semis de leurs graines microscopiques. Dépourvues de toute réserve nutritive ces graines ne peuvent germer qu’en présence des filaments mycéliens d’un champignon du genre Rhizoctonia (qui leur apportent les nutriments nécessaires, dans une association de type symbiotique) ce que Noël Bernard réussit à démontrer en 1910 en réalisant des premiers semis de ces graines. Georges Morel est la deuxième figure tutélaire de l’orchidophilie, ce fut lui en effet qui réalisa en 1960, la première multiplication d’une plante par fragmentation et mise en culture in vitro de ses tissus embryonnaires, multiplication pouvant être poursuivie quasiment à l’infini. Appliquée aux orchidées, ces deux technologies eurent des incidences considérables (cf. Gérald Leroy-Terquem & Jean Parisot, Orchids Care and Cultivation, Cassell Publishers Ltd. 1991, 93, 95, 96, 99) . Elles ont été à l’origine de la diffusion et de la commercialisation des espèces les plus spectaculaires mais aussi les plus adaptables aux exigences d’un appartement. Quatre ou cinq genres seulement ont été ainsi sélectionnés sur les 730 existant dans la nature. C’est donc et pour l’essentiel par eux que les orchidées sont maintenant connues du grand public.
Les orchidées sont des merveilles de l’évolution et il n’est pas très étonnant que Darwin leur consacrât un de ses plus importants ouvrages (De la fécondation des orchidées). Devant être pollinisées par un insecte déterminé et non un autre, un véritable programme de séduction (coadaptation évolutive) s’est mis en place. La fleur de l’orchidée se doit en effet d’attirer l’insecte mâle qui la pollinisera, en reproduisant dans sa structure la forme, la couleur et surtout l’odeur, le parfum (la phéromone) de l’insecte femelle qui lui correspond. La fleur de l’orchidée réalise ainsi véritable entrelac du végétal et de l’animal. Un joyau de la nature.
Je me suis longtemps demandé comment les photographier. Une idée s’imposa : utiliser le fond noir à l’instar de ce que font la plupart des grands joailliers pour mettre en valeur leurs créations. Fond noir certes mais aussi lumière du jour, et parfois réflecteur. Correctement disposé, le fond noir permet de retrouver tous les jeux de lumières évoqués plus haut : éclairage direct, ombres, réflexions, contre jours, transparences, réverbérations… toute une alchimie de la lumière pour magnifier la chair de l’orchidée.